• Expérience de l'édition : Nathy

    Plume Imag'in Air a aujourd'hui décidé de vous proposer une série de rencontre avec de jeunes auteurs pour que ces derniers vous parle de leur expérience de l'édition. 

     

    Nathy a été la première à nous répondre.

     

     


    Chenille Lecter : Bonjour Nathy. Merci à toi d’avoir répondu à notre appel concernant l’expérience de l’édition. Pour commencer, peux-tu nous parler rapidement de ou des œuvres que tu as publiées ? (Roman, nouvelle ; genre littéraire). Ainsi que quelque que petit mot sur toi.

    Nathy : Merci la Chenille de toutes ces questions. :)
    À ce jour, la seule œuvre publiée est Anamorphose qui va prochainement sortir aux alentours du 25 janvier 2012.
    Anamorphose est donc une romance vampirique, un peu comme une biographie, une tranche de vie des deux héros. C'est un récit choral où alternativement les deux héros interviennent. Il s'adresse à un public adulte, certaines scènes peuvent choquer la sensibilité des plus jeunes surtout par leur violence.
    Me concernant ? Et bien, je suis avant tout graphiste/illustratrice. L'envie d'écrire était là depuis des années, tout d'abord à l'adolescence avec un ensuite un arrêt d'une vingtaine d'années. Mais le désir de mettre par écrit les idées étaient là, mais je ne me sentais pas capable de les coucher sur du papier (même virtuel), et puis encouragée par des copains auteurs, puis des copines j'ai fini par me lancer...

    C.L. : Qu’est-ce qui t’a poussé, ou décidé, à te lancer dans l’aventure de l’édition ?

    N. : C'est une longue histoire... Au départ, j'écrivais juste pour le plaisir d'écrire et de partager avec des copines mes délires, mes scribouilleries. Et puis, elles ont commencé à me dire que je devrais faire éditer ce que j'écrivais, je refusais tout le temps jusqu'au jour, j'ai choisi une de mes histoires (la plus courte). Mais la réalité, c'est qu'en parallèle j'administre un blog dédié à l'écriture et c'est davantage la curiosité « journalistique » qui m'a poussé que la réelle envie de faire publier une de mes histoires. J'ai pensé que ça pouvait être intéressant de se mettre dans la peau d'un auteur pour découvrir tout le processus, la chaîne... et c'est comme ça que j'ai commencé à chercher des volontaires pour m'aider à corriger Anamorphose.

    C.L. : Comment as-tu choisi de te faire éditer ? Maisons d’édition classiques ? Autoéditions ? Pourquoi avec choisit ce système plutôt qu’un autre ?

    N. : Déjà, il était hors de question pour moi de passer par l'auto-édition, de par ma démarche déjà et puis comment avoir un retour de professionnels dans ce cas là. Ce que je voulais s’était justement entré en contact avec des maisons d'édition. Honnêtement, quand je suis partie dans cette voix, j'ignorais complètement à quoi m'attendre.
    Le but était justement de démarcher les maisons d'édition. Je suis donc partie vers celle à compte d'éditeur.


    C.L. : J’imagine que tu as écrit un texte puis que tu l’as envoyé à des éditeurs. As-tu fait plusieurs tentatives ? S’il y a des refus, sais-tu pourquoi ? S’il a été accepté, sais-tu pourquoi ?
     
    N. : Oui en effet. Je ne savais pas trop comment m'y prendre. J'ai quand même ciblé les maisons d’édition. De par mon activité de blogueuse, j'en connais quand même quelques-unes. Mais je n'ai jamais songé à me servir du fait d'être en contact avec elles pour leur demander quoi que ce soit. J'ai donc envoyé mon manuscrit après correction à 5 maisons d'édition.
    J'ai essuyé un refus direct et un autre sous-entendu et pour les autres deux ne m'ont jamais répondu et la dernière a fermé ses portes.
    Une maison d’édition m'a dit en gros que le fantastique ne se vendait pas assez et que je devrais peut-être envoyé le manuscrit à une autre maison d'édition plutôt spécialisée dans des livres du genre Harlequin...
    L'autre maison d'édition m'a envoyé le compte rendu du comité de lecture à ma demande. Mais il faut savoir que la maison d'édition n'a jamais eu le manuscrit, mais seulement un synopsis.
    Certains membres n'ont pas aimé mon style d'écriture, d'autre ont trouvé que ça manquait d'action, le thème ne les intéressait pas et on pensé à de l'Harlequin... je sais encore, le pire c'est que je n'en ai jamais lu donc je n'en sais rien.
    Comme je n'avais pas vraiment le désir d’être éditée, j'ai rangé mon manuscrit dans un coin. Pour moi c’était une affaire close.
    Et quelques mois plus tard, Astrid Lafleur que je connaissais (en plus on habite la même ville) m'a annoncé qu'elle créait sa propre maison d'édition, bref elle m'a exposé son projet et au passage, elle m'a demandé où j'en étais de mes démarches, comme je n'en attendais rien de particulier quand elle m'a demandé de lui passer le manuscrit j'ai accepté sans rien en attendre. J'ai été la première surprise qu'elle veuille le publier.

    C.L. : À partir du moment où ton récit/ta nouvelle a été acceptée, comment les choses ce sont-elles déroulé (couverture, mise en page, retouche…) ?

    N. : Déjà, le manuscrit avait encore besoin de corrections, de ça j'en avais parfaitement conscience. A l'origine Anamorphose avait été écrit pour amuser des copines pas pour devenir un livre. Il était là pour amuser la galerie, faire passer un moment de détente à des femmes de la vingtaine à la cinquantaine. Je me suis donc mise à la recherche de nouveaux bêta-lecteurs/correcteurs, et là les corrections, modifications, réécriture ont commencé, mais j'avais carte blanche, à aucun moment l'éditrice m'a dit il faut que ton histoire comme ceci ou comme cela. Globalement, j'ai passé de juillet à début janvier à corriger... Au point de vouloir tout balancer. Quand, je me suis lancée dans cette aventure, je n'avais absolument l'idée de ce que cela allait représenter. Des heures, des semaines, des mois à revoir encore et encore son texte au point d'en être dégoûté. J'ai failli vraiment tout laisser tomber. Aujourd'hui, je suis bien incapable de dire si j'arriverai à reprendre l'écriture suite à ça... Je crois qu'il faut se rendre compte que c'est un travail de fou.
    Je crois que l'on peut passer 100 fois sur un texte, 100 fois on trouvera un truc à modifier. Entre la version envoyée il y a un an aux cinq maisons d'édition et la version finale envoyée à l'éditeur pour la mise en page en vue de l’impression, il y a eu énormément de modifications. Pas sur l'histoire en elle-même, mais sur l'organisation des chapitres, les redites enlevées, des éléments développés, des scènes ajoutées, des choses enlevées.
    Pour la couverture, étant illustratrice, je l'ai faite moi-même. Carte blanche de l'éditrice qui sur ce point m'a totalement fait confiance. Les retouches de couverture ont été de mon seul fait. Pour la mise en page, c'est le boulot de la maison d'édition, je n'ai aucune intervention dans ce processus.

    C.L. : Quels ont été ton ou tes états d’esprit lors des événements qui ont conduit ou non à la publication de ton écrit ? Joie, peine ?

    N. : Souvent le ras-le-bol, j'avais l'impression de ne plus en voir la fin. Certes ça m'a fait plaisir que l'éditrice de Rebelle choisisse mon texte, mais je n'ai pas non plus sauté au plafond. Je ne voulais pas absolument être édité donc si au final elle m'avait dit non, je n'aurais pas été vexée ni réellement déçue.

    C. L. : Aujourd’hui, que tu as un peu de recul, que penses-tu de ton expérience, bonne ou mauvaise ? Aurais-tu des conseilles à délivrer pour éviter certains écueils ?
     
    N. : C'est une expérience intéressante. Voir un peu comment ça se passe, tout le travail qu'il faut fournir, c'est gigantesque.
    Je crois qu'avant de vouloir éditer, il faut se rendre compte du travail que ça va demander.  Il faut prendre du temps pour retravailler son texte et ne pas avoir peur de repasser dessus, parfois trancher dans le vif. Il y a tellement de différences entre un premier jet, une idée que l'on construit et ce qui sera devenu un potentiel livre. Je crois que tout le monde peut écrire, ça ce n'est pas le problème, mais en faire un manuscrit qui puisse intéresser une maison d'édition c'est une autre paire de manches et puis un éditeur peut toujours faire aussi une erreur. Au final, ce sont les lecteurs qui décideront si le livre est bon ou pas, il faut qu'il trouve son public et je pense que c'est encore le plus difficile. Donc pour Anamorphose sa vie commence dans peu de temps, il a déjà un peu commencé avec la période des précommandes, mais quand il sera disponible réellement alors là il vivra et je suis bien incapable de dire quel accueil il recevra. À vrai dire, je m'attends au pire.
    Donc maintenant, comme dirait certains « wait and see... »

     

     

     


     

    Merci à Nathy d'avoir répondu à nos questions.

     

    Vous pouvez retrouver cette charmant demoiselle sur son site/blog de Belisam'art, mais aussi sur FB avec sa fanpage.

    Son livre "Anamorphose" est maintenant disponible chez Rebelle Editions.

     

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