• Jeux d'enfant

    Découvrez une courte nouvelle d'une de nos petite chenille : Monkey C Andy (retrouvez le sur facebook également).
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    Bonne lecutre !

    Jeux d’enfant
    (par Monkey C. Andy)


    L’odeur des fleurs accompagnait leur entrevue… Sur la terrasse de la maison familiale, la petite Elizabeth prenait le thé en compagnie d’étranges compagnons.

    Sur une petite table en fer blanc, on avait disposé une jolie nappe brodée de roses. Dessus, gâteaux et tasses de thé s’étalaient, émoustillant l’appétit de l’enfant gourmande.

    Ses anglaises blondes remontées en deux couettes étaient nouées par des rubans roses. Vêtue d'une petite robe à motifs fleuries, les pieds de la fillette étaient tenus au chaud dans des chaussettes de soies blanches, qu'enserraient des souliers vert pâle.

    Sur les autres chaises se tenaient Monsieur Nounours, Madame Coquillette et Alphonse le pierrot. C’étaient des hôtes bien élevés… De ceux qui vous écoutaient sans jamais vous interrompre.

    Ses petits doigts repliés sur l’anse de la théière encore tiède, Elizabeth se pencha vers la tasse à moitié vide de Monsieur Nounours et demanda :

    _ Encore un peu de thé, très cher ?

    L’ourson rapiécé lui répondit par le silence. Souriante, la gamine le resservit généreusement. Vraiment, c’étaient des compagnons parfaits !

    Ses lèvres roses rencontrèrent le thé sucré et elle eut un petit rire de grandes dames, comme sa maman en avait parfois.

    _ Vraiment, si vous aviez vu son expression ! Ce pauvre Timmy était triste à voir…

    Après une nouvelle gorgée, elle poursuivit :

    _ Et Valentin qui n’a pas arrêté de le taquiner après ça. C’était drôle ! Vouloir jouer avec moi. Je ne prête pas mes poupées à n’importe qui, voyons.

    Avec une expression surprise, l’enfant pencha sa petite tête blonde sur le côté et laissa ses anglaises glisser sur sa joue ronde.

    _ Comment, Madame Coquillette, vous me trouvez méchante ?

    La poupée aux boucles brunes se contenta de la fixer de son regard vert. Silencieuse, les mains posées sur ses jambes en tissu.

    D’un bond, Elizabeth fut debout, les poings plantés sur ses hanches. Sur son visage, toute trace de gaité avait disparue… A la place, un froncement de sourcils contrarié venait déformer ses traits poupons.

    _ Je ne vous permets pas de me traiter ainsi ! Une femme du monde n’a pas à jouer avec de petits vagabonds, ma bonne amie !

    Face à ces reproches, Madame Coquillette ne pipa mot. Elle restait là, stoïque, le regard vide… Toutefois, ce mutisme était un langage que comprenait parfaitement Elizabeth. Et ce qu’elle devina derrière le silence de son amie finit de l’agacer.

    Furieuse, elle eut une grimace et croisa les bras.

    _ Comment ? Que je me montre plus aimable ? Mais c’est vous qui m’insultez, madame !

    A ses côtés, les grelots d’Alphonse tintèrent sous la brise.

    _ Ah ! Vous voyez, même Alphonse trouve votre attitude détestable !

    Pointant un doigt accusateur sur la poupée, elle tonna :

    _ Cela suffit, je ne vous supporterai pas une minute de plus Madame Coquillette ! A cause de vous, notre gentil goûter est fichu. Vraiment, vous pouvez être fière de vous !

    Son regard se porta sur Monsieur Nounours, qui la contemplait de ses yeux en boutons.

    _ Oh, comme vous avez raison très cher : Cette chipie mérite une bonne correction !

    Comme s’il approuvait ses paroles, les grelots d’Alphonse tintèrent de plus belle.

    _ Oui, oui, exactement Alphonse, pareille attitude mérite la mort ! Ah ! Vous regrettez à présent, n’est-ce pas Madame Coquillette ? Mais trop tard, que sentence soit faite !

    Levant son petit poing bien haut, Elizabeth se mit à scander d’une voix impitoyable :

    _ A mort ! A mort ! A mort !

    *

    _ N’est-ce pas que ces gâteaux sont délicieux ? C’est une bonne amie qui les confectionne.

    Une pâtisserie en main, Elizabeth eut un petit rire cristallin, amusée par quelques boutades de l’ourson au sourire cousu qui lui faisait face.

    _ Oh oui, vous avez bien raison Monsieur Nounours, elle n’a eu que ce qu’elle méritait.

    Malicieuse, elle croqua à pleines dents dans sa friandise et laissa son regard bleu s’abimer dans la contemplation du jardin… Un peu plus loin, une vilaine poupée décapitée fixait le ciel de son regard peint.

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