• "Le peuple des Ténèbres" de Nathanaël Daswhox

    LE PEUPLE DES TENEBRES

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    Genre : Fantastique/Horreur/Drame

    Rating : - 16 ans.

    Synopsis : Depuis la chute de la reine Karmillia, une plante qu’utilisait la vieille génération des vampires,  leur permettait de s’abstenir du liquide de vie et de vivre auprès des hommes, sans y ressentir le désir de les mordre. Seulement, lors d’une guerre, cette dernière disparue à jamais. Faute de ne plus en avoir, ils s’en sont retournés à se nourrir à nouveau du sang des hommes. Les siècles passèrent et la faim des vampires se faisait plus présente sur la Terre, menaçant de révéler leur présence à l’humanité. En compagnie de son Valet et du disciple d’une de ses confrères, Dame Octavia apprend qu’il aurait un moyen de sauver les vampires de la famine. Son Ministre, Ergaï, aurait, suite à plusieurs études, découvert un sang de synthèse beaucoup plus nutritif que celui de l’homme, ayant les mêmes effets que la racine. Seulement, il semblerait que derrière cette découverte, un tout autre destin annonce ses couleurs…   

    Note de l'Auteur: L'histoire est découpée en trois partie. La première partie sera postée, chapitre par chapitre, sur le forum.

     

    EXTRAIT


    Un sanctuaire oppressant s’offraient à leurs yeux, un univers décalé à celui des hommes, un lieu où le deuil régnait en maître.  D’épais rideaux de velours rouges étouffaient les rayons du soleil, les plongeant dans les ténèbres. Pas le moindre interrupteur ne leur permettait de briser le règne du néant, pas la moindre ampoule, le seul éclairage provenant d’un nombre impressionnant de bougies. Diverses en tailles, noires, blanches et grenâtes, les chandelles longeaient les murs, les guidant jusqu’à un corridor obscur. Des esprits brumeux sortaient des flammes, serpentant les unes aux autres, s’enlaçant, s’unissant, s’évitant, se perdant jusqu’au plafond invisible.  Une odeur infecte, humide, étrange pour un lieu aussi sec, pouvait-on penser qu’elle provenait des milliers de roses sillonnant entre les cierges, seulement, elles aussi commençaient à se flétrir.  Dans le grand hall, des amours étaient entrelacés par des ronces, tirant des mines tristes, tendant leurs mains boudines vers des nymphes enlaçant d’un amour passionnel des crucifies inversés.  Dans les miroirs reflétant la noirceur des rideaux, virent traverser des ombres confuses aux yeux jaunes. Sur une fontaine, la Venus observait les pétales de roses recouvrir l’eau, le parfum de la plante se propageant dans l’imposant couloir. A chaque palier de l’escalier, encore des bougies, redessinant d’épais traits noirs les marches, l’invitant à rejoindre les appartements du PDG.

     

    Marche par marche, Octavia observait ces ornements funéraires, un frisson lui parcourant son échine. Alignées devant ces décorations longeant les mains courantes, lui adressant un regard vitreux, les hôtesses aux teints livides.  Ces belles dames  étaient devenues si blêmes, elles avaient perdue toute cette once de vie qu’Octavia avait pourtant perçu au premier jour. Là, elle la regardait tel unes rangées de cadavres observés par deux visiteurs, d’une indifférence déconcertante. Des misérables êtres, dans leurs étoffes trop courtes et provocantes. Elles ne l’a craignaient pas, autant qu’elle n’avait pas l’air d’y ressentir un enthousiaste de la voir s’approcher de lieu où se trouvait Ergaï. Elles baissaient de quelques centimètres le haut de leur corps, comme signe de salut, la laissant poursuivre son chemin en compagnie de Maître Nephastoss.

     

    Au  balcon accessible via deux petits escaliers, elle poussa  la double portière en bois massif, entrant dans un endroit qui devait lui être interdit. Elle s’arrêta net, perdant sa vue dans la salle qui s’offrait à elle. Séparé d’un petit couloir d’entrée, un corridor aussi grand que celui de l’étage inférieur, la laissa sans voix. Elle sentit son corps prit de tremblement, des mains invisibles la mettre à genoux et sa vue se troubler. Bon sang, que lui arrivait-il ? Elle ne comprenait pas, elle commençait à paniquer, tout en essayant de se ressaisir. A côté d’elle, Maître Nephastoss lui adressa la parole, seulement, elle n’entendait pas ce qu’il lui disait. Des battements de cœur, forts, rythmés, ceux d’un organe en pleine forme, une cloche martelée  s’y mêla et des murmures de jeunes femmes. Au fond de la salle, un miroir retint son attention, se distinguant de toutes masses. Un vieux meuble qu’elle reconnaissait bien, une relique qu’elle avait déjà perçue dans la bibliothèque du château. Oui, c’était bien celui où sa Dame contemplait son reflet inexistant, caressait la paroi glaciale du bout de ses doigts, enfonçait lentement son visage, son épaule, sa hanche dans la matière, puis y disparaissait. S’efforçant à se lever, s’avançant, malgré la lourdeur de ses jambes, elle s’y approcha. Ces pas se faisaient difficiles, pénibles, comme ci ces pieds étaient deux enclumes qu’elle tirait l’un après l’autre. Maître Nephastoss conscient des difficultés de sa reine l’attrapa, essayant de comprendre où elle voulait aller, la guidant jusqu’au miroir qu’elle convoitait.

     

    Le décor s’effaçait autour d’eux, jusqu’à ce qu’elle ne sente plus les mains de son Valet. Elle l’appela, sans même entendre sa voix, hurla son nom, jusqu’à ce qu’elle accepte sa solitude soudaine. Prenant son courage à deux mains, elle lutta pour arriver jusqu’au meuble, observant le cadre, sa gorge se serrant de tans d’émotion.  Levant une main en sa direction, touchant le bois,  elle sentait encore ces picotements, ces petites fines aiguilles qu’elle avait perçues la première fois qu’elle avait posée sa main sur cette glace.  Elle percevait cette petite main d’enfant toucher, avec hésitante, son propre reflet. Boucle d’or désirait tans rejoindre sa maîtresse qui avait rejoins l’autre monde derrière cette vitre. Elle tapota, s’imagina que la matière se diluait autour d’elle, mais rien ne se passa. Octavia voulait savoir où elle avait bien pu aller, à quoi ressemblait cet autre royaume. Seulement, en ouvrant ses petits yeux, elle n’avait eu que son double. Une grande frustration, de quoi briser les rêves d’une enfant. Elle tenta à nouveau, chercha à se concentrer, posa sa main sur la glace et appuya. Rien, absolument rien, ci ce n’est qu’elle avait collé le meuble contre le mur.

     

    « Inutile humaine, seul les morts peuvent la traverser ! » répliqua la Vénus Rouge,  sa voix se changeant peu à peu en celle d’Ergaï.

     

    Le PDG l’observait du haut du corridor, ses yeux brillant dans la pénombre d’un vert émeraude. Enlacé dans son peignoir de soie, il retenait un bout du tissu, ne désirant offrir sa totale nudité à sa Grandeur. Son corps était plus blafard qu’aux jours précédents, des veines noircies sillonnant ses clavicules. Il resta stoïque, laissant la Reine réaliser qu’elle avait eu une hallucination. Octavia, toujours à genoux devant le miroir, se retourna, offrant une mine confuse. Elle s’était mordue la lèvre inférieure, s’aidant du mur pour reprendre pied.

     

     

     

     

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    Retrouver cette histoire en intégralité sur Plume Imag'In Air.

    Découvez les dessins de l'auteur Nathanaël Daswhox.

     

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